Le romarin officinal
LE ROMARIN (SALVIA ROSMARINUS)
Chez les Egyptiens aux Romains, en passant par les Grecs, le romarin est utilisé comme aromate et plante médicinale depuis l’Antiquité.
En Grèce antique, le romarin était dédié à Aphrodite, déesse de la beauté et de l’amour. Les étudiants grecs en confectionnaient des couronnes car le romarin était supposé stimuler la mémoire.
Les Egyptiens, eux, pensaient que le romarin déposé dans les sépultures de pharaons fortifiait leur âme avant le grand voyage vers l’autre monde.
Quant aux Romains, ils brûlaient le romarin pour son effet bienfaisant, les mariées en portaient en couronne et les berceaux des baptisés étaient surmontés d’une branche de romarin. Tout comme les Egyptiens, ils croyaient qu’il facilitait le dernier voyage des morts.
Mais, c’est au Moyen-Âge que le romarin fût utilisé pour ses vertus médicinales. Ses feuilles et fleurs étaient utilisées contre les rages de dents, les problèmes gastriques ou encore contre la peste.
Aujourd’hui, le romarin est surtout reconnu pour ses vertus beauté et santé.
Caractéristiques générales
- Nom scientifique actuel : Salvia rosmarinus Spenn.
- Ancien nom scientifique : Rosmarinus officinalis L.
- Noms communs : romarin, romarin officinal, herbe aux couronnes
- Famille : Lamiacées (Lamiaceae)
- Type de plante : sous-arbrisseau vivace et persistant
- Origine : région méditerranéenne
- Hauteur : généralement 50 cm à 1,50 m, parfois davantage selon les conditions
- Parties principalement utilisées : feuilles et jeunes rameaux fleuris
Le nom scientifique Salvia rosmarinus est aujourd’hui retenu, tandis que Rosmarinus officinalis reste extrêmement utilisé dans la littérature scientifique.
🌱 Conditions de culture et entretien
Le romarin est une plante particulièrement adaptée aux climats secs et ensoleillés.
- ☀️ Exposition : plein soleil de préférence.
- 🌿 Sol : léger, pauvre à moyennement riche, surtout bien drainé.
- 💧 Arrosage : modéré une fois la plante bien installée.
- 🌱 Plantation : printemps ou automne selon le climat.
- ✂️ Taille : légère après la floraison ou la récolte pour conserver une forme compacte.
- ❄️ Rusticité : généralement bonne, mais variable selon les variétés et les conditions.
Le romarin supporte beaucoup mieux un manque d’eau ponctuel qu’un sol constamment humide.
🌿 Une plante méditerranéenne
Son feuillage persistant et son adaptation à la sécheresse expliquent en partie son abondance dans les paysages méditerranéens.
🌸 Description botanique
Le romarin forme un petit arbuste très ramifié.
Ses feuilles : Elles sont étroites, allongées, coriaces, vert foncé sur le dessus, blanchâtres et légèrement duveteuses dessous.
Leur forme limite notamment les pertes d’eau, ce qui constitue une adaptation caractéristique des plantes méditerranéennes.
Ses fleurs : Elles sont généralement bleu pâle à bleu violacé , parfois blanchâtres ou rosées selon les variétés, regroupées le long des rameaux.
Elles attirent de nombreux insectes pollinisateurs.
Son parfum : Lorsque l’on froisse une feuille entre les doigts, elle libère un parfum très caractéristique, dû à ses nombreux composés aromatiques.
🍳 Le romarin dans l’alimentation
Le romarin est avant tout une herbe aromatique et condimentaire.
Il accompagne particulièrement bien : les pommes de terre, les légumes rôtis , les viandes , le poulet, l’agneau, les poissons, les champignons, les sauces, les soupes, les marinades, les pains et focaccias, l’huile d’olive.
Il peut être utilisé frais ou séché.
Son parfum étant puissant, quelques feuilles ou un petit rameau suffisent souvent à parfumer une préparation.
Un grand classique méditerranéen
Associé à l’huile d’olive, à l’ail, au thym ou à la sauge, le romarin participe à l’identité aromatique de nombreuses cuisines méditerranéennes.
Composition nutritionnelle et minérale
Le romarin frais contient des fibres, des protéines végétales en petite quantité, ainsi que différents minéraux et vitamines.
Les valeurs peuvent varier selon les bases de données, la variété et l’état de fraîcheur.
Pour 100 g de romarin frais, on retrouve notamment des ordres de grandeur suivants :
Nutriment | Valeur indicative pour 100 g |
Énergie | ≈ 130 kcal |
Protéines | ≈ 3–4 g |
Glucides | ≈ 20–21 g |
Fibres alimentaires | ≈ 14 g |
Calcium | ≈ 300–320 mg |
Magnésium | ≈ 90 mg |
Phosphore | ≈ 65–70 mg |
Potassium | ≈ 660 mg |
Fer | ≈ 6–7 mg |
Zinc | ≈ 0,9 mg |
Sodium | ≈ 25–30 mg |
Vitamine C | ≈ 20–22 mg |
Vitamine A | présente |
Vitamine B6 | présente |
Ces données permettent surtout de comprendre la richesse intrinsèque de la plante.
Composition chimique du romarin
C’est probablement ici que le romarin devient particulièrement intéressant.
La plante contient de nombreuses familles de molécules naturelles :
- acides phénoliques ;
- diterpènes phénoliques ;
- flavonoïdes ;
- triterpènes ;
- composés volatils ;
- constituants de l’huile essentielle.
Parmi les molécules particulièrement étudiées figurent :
L’acide rosmarinique
est un composé phénolique naturellement présent dans plusieurs plantes de la famille des Lamiacées.
L’acide rosmarinique est une molécule organique classée dans la famille des acides phénoliques. Sa formule moléculaire est C18H16O8, et elle se présente généralement sous forme de poudre cristalline jaune ou brunâtre.
Cette molécule est reconnue pour son activité antioxydante exceptionnelle, ce qui signifie qu’elle est capable de neutraliser les radicaux libres, des molécules instables responsables des dommages cellulaires.
Sa capacité à agir contre l’oxydation en fait une molécule précieuse pour lutter contre le vieillissement des cellules et des tissus.
L’acide carnosique
L’acide carnosique est un benzènediol, un diterpène et un abiétane, de formule C20H28O4, trouvé dans le romarin et dans la sauge officinale. Les feuilles séchées de romarin ou de sauge officinale en contiennent de 1,5 à 2,5 %. C’est un métabolite secondaire dont la biosynthèse se fait à partir du ferruginol.
Il possède des vertus médicinales. C’est un antioxydant efficace qui protège les cellules de la peau des rayons ultraviolets dits « UV-A ».
L’acide carnosique, avec son dérivé le carnosol, dans le cadre de leur utilisation comme additifs alimentaires, sont désignés sous le nom d’« extrait de romarin » (E392)
Notion importante
Deux huiles essentielles portant le même nom « romarin » peuvent donc présenter des compositions sensiblement différentes.
Romarin et usages traditionnels
Le romarin possède une longue histoire d’utilisation dans les traditions populaires méditerranéennes et européennes.
Il a notamment été utilisé traditionnellement :
- pour accompagner la digestion ;
- comme plante aromatique et tonique ;
- dans différentes préparations destinées au confort général ;
- en usage externe dans certaines traditions ;
- dans des préparations capillaires et cosmétiques.
Ces usages traditionnels ont contribué à susciter l’intérêt de la recherche moderne.
Usage traditionnel ≠ traitement médical démontré
Le fait qu’une plante soit utilisée depuis très longtemps ne constitue pas, à lui seul, une preuve de son efficacité thérapeutique.
Cette distinction est particulièrement importante pour le romarin, dont les propriétés biologiques sont aujourd’hui largement étudiées.
Ce que la recherche étudie
Les recherches consacrées au romarin portent notamment sur :
- son activité antioxydante ;
- ses propriétés anti-inflammatoires ;
- ses effets antimicrobiens ;
- ses composés neuroprotecteurs potentiels ;
- son intérêt dans la conservation des aliments ;
- ses différents constituants phénoliques ;
- son huile essentielle.
Des effets biologiques ont été observés dans de nombreuses études expérimentales, notamment avec des extraits ou des huiles essentielles.
Romarin et recherche sur la mémoire:
Le romarin possède également une histoire traditionnelle associée à la mémoire.
Cette question intéresse aujourd’hui la recherche, avec des études précliniques et cliniques portant notamment sur certains constituants du romarin et leurs effets potentiels sur les fonctions cognitives.
Il serait toutefois prématuré de présenter le romarin comme un traitement des troubles de la mémoire.
Romarin frais, infusion et huile essentielle : trois utilisations très différentes
Le romarin alimentaire : Quelques feuilles ou un petit rameau servent à parfumer les aliments.
Une infusion : L’eau chaude extrait une partie des constituants hydrosolubles de la plante, mais pas l’ensemble de ses molécules.
- L’huile essentielle : Elle concentre les molécules volatiles et présente donc une composition et une puissance très différentes.
Le romarin utilisé comme condiment alimentaire est très différent d’un extrait concentré ou d’une huile essentielle.
Une attention particulière est nécessaire avec les préparations concentrées.
Des effets indésirables et des réactions cutanées ont notamment été rapportés, et les données toxicologiques invitent à la prudence avec les usages chroniques ou à fortes doses.
Prudence notamment :
- avec les huiles essentielles ;
- avec les extraits fortement concentrés ;
- pendant la grossesse et l’allaitement ;
- chez l’enfant ;
- en cas de maladie chronique ;
- en cas de prise de médicaments.
Pour une utilisation thérapeutique ou une préparation concentrée, il est préférable de demander conseil à un professionnel de santé.
Une plante… plusieurs usages
🌱 Au jardin : → un arbuste méditerranéen persistant, résistant et parfumé.
🍳 En cuisine : → une herbe aromatique puissante qui accompagne particulièrement bien les plats méditerranéens.
🥗 Dans l’alimentation : → une source de fibres, de minéraux et de différents composés végétaux.
🧪 En recherche : → une plante particulièrement étudiée pour ses composés phénoliques et son huile essentielle.
🌿 Dans les traditions : → une plante utilisée depuis longtemps pour ses propriétés aromatiques et dans différentes pratiques traditionnelles.
À retenir
Le romarin est bien davantage qu’une simple herbe aromatique.
Sa richesse en composés phénoliques, notamment en acide rosmarinique, acide carnosique et carnosol, explique en partie l’intérêt scientifique qu’il suscite.
Son huile essentielle présente quant à elle une composition complexe et variable, avec notamment du 1,8-cinéole, du camphre, de l’α-pinène et du bornéol.
Mais le point essentiel reste de ne pas confondre les 5 notions différentes :
Une plante alimentaire, un extrait, une huile essentielle, une activité observée en laboratoire, une efficacité démontrée chez l’être humain
Information importante
Cette fiche est proposée à titre informatif et pédagogique.
Elle ne constitue ni un avis médical, ni un diagnostic, ni une prescription.
En cas de problème de santé, de traitement médicamenteux, de grossesse, d’allaitement ou pour l’utilisation d’extraits concentrés ou d’huiles essentielles, demandez conseil à un professionnel de santé.
Sources principales
- Revues scientifiques consacrées à Rosmarinus officinalis / Salvia rosmarinus.
- Données de recherche sur la composition phytochimique du romarin.
- Revue consacrée à la composition et aux activités biologiques de l’huile essentielle de romarin.
- Travaux sur les différents chémotypes de l’huile essentielle.
- Revue récente consacrée à la sécurité et à la toxicologie du romarin.
- Wikipédia