La sauge
LA SAUGE ( SALVIA OFFICINALIS)
Son nom est déjà une sorte de diplôme d’efficacité puisque salvia vient du latin salvare qui signifie « sauver », « guérir » ; c’est une des plantes sacrées des anciens.
Les Romains la récoltaient avec un cérémonial spécial, sans l’intervention d’outils de fer (or, on pense que les sels de fer seraient incompatibles avec la sauge), « en tunique blanche, les pieds nus et bien lavés », après avoir sacrifié au préalable avec du pain et du vin.
Ses effets dus à son huile essentielle et la présence d’un œstrogène avaient déjà été observés aussi bien par les Romains que les Égyptiens. Pendant tout le Moyen Âge, elle reste une plante primordiale et entre dans de très nombreuses préparations : Eau d’arquebuse, Eau céleste, Eau impériale, etc. Elle fait partie des plantes dont la culture est recommandée dans les domaines royaux par Charlemagne dans le capitulaire De Villis (fin du VIIIe ou début du IXe siècle).
Ce qui est confirmé par le dicton : « qui a de la sauge dans son jardin, n’a pas besoin de médecin ». Elle est encore utilisée dans la pharmacopée moderne.
Plantes aromatiques et médicinales du bassin méditerranéen, son feuillage gris-vert, légèrement velouté et très parfumé, est utilisé depuis des siècles en cuisine, dans les traditions populaires et dans différentes préparations à base de plantes.
Son nom latin, Salvia, est associé au verbe latin salvare, « sauver » ou « préserver ». Cette origine témoigne de la place particulière que la plante a occupée dans les traditions européennes.
Caractéristiques générales
- Nom scientifique : Salvia officinalis L.
- Noms communs : sauge officinale, sauge commune, grande sauge
- Famille : Lamiacées (Lamiaceae)
- Type de plante : sous-arbrisseau vivace et persistant
- Origine : bassin méditerranéen
- Port : touffe dressée et ramifiée
- Hauteur : généralement 30 à 70 cm
- Parties principalement utilisées : feuilles et jeunes parties aériennes
La sauge officinale appartient au vaste genre Salvia, qui comprend de nombreuses espèces.
Il est donc important de ne pas confondre la sauge officinale (Salvia officinalis) avec toutes les autres espèces de sauges, dont la composition peut être très différente.
Conditions de culture et entretien
La sauge est une plante méditerranéenne qui apprécie particulièrement le soleil et les sols secs.
Exposition : plein soleil de préférence.
Sol : léger, calcaire ou neutre, surtout très bien drainé.
Arrosage : modéré une fois la plante installée.
Plantation : principalement au printemps ou en automne selon le climat.
Taille : légère après la floraison ou au printemps afin de maintenir une touffe compacte.
Rusticité : relativement bonne dans un sol bien drainé.
La sauge supporte mieux une période de sécheresse qu’un excès d’humidité prolongé.
Une plante adaptée au climat méditerranéen
Son feuillage légèrement duveteux et sa structure compacte constituent des adaptations caractéristiques des plantes vivant dans des environnements chauds et relativement secs.
🌸 Description botanique
Une plante adaptée au climat méditerranéen
Son feuillage légèrement duveteux et sa structure compacte constituent des adaptations caractéristiques des plantes vivant dans des environnements chauds et relativement secs.
Ses feuilles sont ovales à oblongues, épaisses, gris-vert, légèrement gaufrées, recouvertes de petits poils fins, fortement aromatiques. Cette texture veloutée est particulièrement caractéristique de la sauge officinale.
Ses tiges deviennent progressivement ligneuses à la base, tandis que les jeunes pousses restent plus souples et verdâtres.
Ses fleurs apparaissent généralement à la fin du printemps ou au début de l’été. Elles peuvent être bleu violacé, mauves, parfois rosées ou blanchâtres selon les variétés.
Elles sont regroupées en verticilles le long des tiges florales et attirent de nombreux insectes pollinisateurs.
Son parfum : Lorsqu’on froisse une feuille, elle libère un parfum puissant, chaud, légèrement camphré et très caractéristique.
Composition nutritionnelle et minérale
La sauge fraîche contient des fibres, des protéines végétales en petite quantité, ainsi que différents minéraux et vitamines.
Les valeurs nutritionnelles peuvent varier selon la variété, les conditions de culture, le degré de maturité et l’état de fraîcheur.
Pour 100 g de sauge fraîche, les tables de composition donnent des valeurs indicatives de l’ordre suivant :
Nutriment | Valeur indicative pour 100 g |
Énergie | ≈ 30–35 kcal |
Protéines | ≈ 3 g |
Glucides | ≈ 7 g |
Fibres alimentaires | ≈ 7 g |
Calcium | ≈ 165 mg |
Magnésium | ≈ 40–45 mg |
Phosphore | ≈ 65–70 mg |
Potassium | ≈ 430–480 mg |
Fer | ≈ 2–3 mg |
Zinc | ≈ 0,8–1 mg |
Manganèse | présent |
Cuivre | présent |
Sodium | faible à modéré |
Vitamine C | présente |
Vitamine A | présente |
Vitamines du groupe B | présentes |
🌿 Les principaux minéraux
Calcium → la sauge apporte une quantité intéressante de calcium rapportée à 100 g de plante fraîche.
Potassium → il fait partie des minéraux importants présents dans le feuillage.
Magnésium → il participe notamment au fonctionnement normal du système nerveux et musculaire.
Phosphore → il intervient notamment dans la structure osseuse et le métabolisme énergétique.
Fer → il participe notamment au transport de l’oxygène dans l’organisme.
La sauge apporte également de petites quantités de zinc, de manganèse et de cuivre.
🍃 Vitamines et autres constituants nutritionnels
La sauge apporte également différentes vitamines, notamment de la vitamine C et des caroténoïdes.
- Vitamine K1 : environ 44,9 µg à 1710 µg selon les sources séchées/fraîches (essentielle pour la coagulation)
- Vitamine B9 : environ 72 µg
- Bêta-carotène (Provitamine A) : environ 652 µg
- Vitamine C : environ 0,5 mg
- Vitamine B5 : environ 0,68 mg
🌿 Les principaux minéraux
Calcium → la sauge apporte une quantité intéressante de calcium rapportée à 100 g de plante fraîche.
Potassium → il fait partie des minéraux importants présents dans le feuillage.
Magnésium → il participe notamment au fonctionnement normal du système nerveux et musculaire.
Phosphore → il intervient notamment dans la structure osseuse et le métabolisme énergétique.
Fer → il participe notamment au transport de l’oxygène dans l’organisme.
La sauge apporte également de petites quantités de zinc, de manganèse et de cuivre.
Composition chimique de la sauge
C’est dans ce domaine que la sauge devient particulièrement intéressante.
Les feuilles contiennent différentes familles de composés :
- acides phénoliques ;
- flavonoïdes ;
- diterpènes ;
- triterpènes ;
- monoterpènes ;
- sesquiterpènes ;
- autres composés volatils.
La composition varie notamment selon la variété, l’origine géographique, le stade de développement et les conditions de culture.
1. L’acide rosmarinique
L’acide rosmarinique est l’un des composés phénoliques les plus étudiés de la sauge.
Il appartient à la famille des composés phénoliques et est également présent dans d’autres plantes de la famille des Lamiacées, notamment le romarin.
Il est étudié notamment pour ses propriétés antioxydantes.
Les analyses de différentes populations de Salvia officinalis montrent toutefois que sa concentration peut varier considérablement d’un échantillon à l’autre.
2. L’acide caféique et ses dérivés
La sauge contient de l’acide caféique ainsi que plusieurs composés qui en sont dérivés.
Parmi les composés phénoliques étudiés figurent également :
- acide sagerinique ;
- acides salvianoliques ;
- dérivés caféiques ;
- autres acides phénoliques.
Cette diversité explique en partie l’intérêt scientifique porté à la sauge.
3. Les diterpènes phénoliques
La sauge contient notamment :
- acide carnosique ;
- carnosol ;
- rosmanol ;
- rosmadial ;
- épirosmanol.
Ces molécules sont particulièrement intéressantes dans les recherches consacrées à l’activité antioxydante des plantes aromatiques.
L’acide carnosique et le carnosol sont également connus dans le romarin.
4. Les flavonoïdes
La sauge contient différents flavonoïdes, notamment :
- lutéoline ;
- apigénine ;
- quercétine ;
- kaempférol ;
- hispiduline ;
- différents glycosides de ces molécules.
Ces composés appartiennent à une grande famille de substances végétales étudiées pour leurs activités biologiques.
5. Les triterpènes
Des triterpènes sont également présents dans la sauge, notamment :
- acide ursolique ;
- acide oléanolique.
Ils participent à la richesse phytochimique de la plante.
L’huile essentielle de sauge
L’huile essentielle constitue une fraction très différente de la feuille utilisée en cuisine.
Elle est particulièrement riche en composés volatils.
Parmi les constituants fréquemment retrouvés figurent :
- α-thuyone ;
- β-thuyone ;
- camphre ;
- 1,8-cinéole ;
- bornéol ;
- camphène ;
- pinènes ;
- certains sesquiterpènes.
La composition peut varier considérablement selon l’origine de la plante, la partie utilisée, le moment de récolte et les conditions d’extraction.
La thuyone : un point important
La présence de thuyone
Sur la base des preuves de la littérature scientifique disponible, la plante présente des effets anticancéreux, anti-inflammatoires, antinociceptifs, antioxydants, antimicrobiens, hypoglycémiques, hypolipidémiques, améliorant la mémoire et la sédation. Provoque l’augmentation de la tension artérielle
Certains mécanismes moléculaires ont été démontrés, tels que l’activation des récepteurs des benzodiazépines, permettant l’inhibition des convulsions induites par le pentylènetétrazole.
Le mécanisme d’action au niveau des récepteurs GABA / benzodiazépines participe au traitement des bouffées de chaleur et des sueurs en raison des effets oestrogéniques. Elle permet donc l’inhibition des transpirations excessives.
En Médecine traditionnelle chinoise, elle est considérée comme aromatique, amère et âcre, et liée au méridiens du Foie, du Poumon et du Cœur.
L’Agence européenne des médicaments souligne que l’huile essentielle de sauge peut présenter des concentrations élevées en thuyone. Egalement qu’une consommation sous forme d’huile essentielle peut exposer à un dépassement des limites considérées comme acceptables pour cette substance.
La sauge et les usages traditionnels
La sauge possède une très longue histoire d’utilisation traditionnelle.
Elle a notamment été employée traditionnellement pour :
- accompagner la digestion ;
- certaines préparations destinées à la bouche et à la gorge ;
- la transpiration excessive ;
- certains usages cutanés ;
- différentes préparations à base de plantes.
L’Agence européenne des médicaments reconnaît pour la feuille de sauge, dans le cadre des médicaments traditionnels à base de plantes et selon les préparations et posologies concernées, des usages traditionnels notamment pour les troubles digestifs légers, la transpiration excessive, certaines inflammations de la bouche ou de la gorge et certaines inflammations cutanées mineures.
Ce que la recherche étudie
La recherche scientifique s’intéresse notamment à la sauge pour :
- son activité antioxydante ;
- ses composés phénoliques ;
- ses propriétés antimicrobiennes ;
- ses effets anti-inflammatoires étudiés expérimentalement ;
- ses interactions avec certains mécanismes métaboliques ;
- ses effets potentiels sur certaines fonctions cognitives ;
- son intérêt potentiel dans la conservation des aliments.
Des revues scientifiques rapportent de nombreuses activités biologiques étudiées avec des extraits de Salvia officinalis.
Une plante… plusieurs usages
🌱 Au jardin → un petit sous-arbrisseau méditerranéen persistant, adapté au soleil et aux sols bien drainés.
🍳 En cuisine → une herbe aromatique puissante, particulièrement appréciée avec les viandes, légumes, pâtes et préparations méditerranéennes.
🥗 Dans l’alimentation → une plante apportant fibres, minéraux et différents composés végétaux.
🧪 En recherche → une plante particulièrement étudiée pour ses acides phénoliques, flavonoïdes, diterpènes et composés volatils.
🌿 Dans les traditions → une plante médicinale et aromatique utilisée depuis des siècles dans de nombreuses traditions européennes.
À retenir
La sauge est une plante remarquable par la diversité de ses usages et de ses constituants.
Elle associe :
des minéraux et des vitamines
des acides phénoliques
des flavonoïdes
des diterpènes
une huile essentielle complexe
Parmi ses constituants les plus étudiés figurent notamment l’acide rosmarinique, l’acide caféique, le carnosol et l’acide carnosique.
De la même manière : un usage traditionnel n’est pas automatiquement une preuve scientifique, et une activité observée en laboratoire n’est pas automatiquement un bénéfice démontré chez l’être humain.
Information importante
Cette fiche est proposée à titre informatif et pédagogique. Néanmoins, elle ne constitue ni un avis médical, ni un diagnostic, ni une prescription.
En cas de problème de santé, de traitement médicamenteux, de grossesse, d’allaitement ou pour l’utilisation d’extraits concentrés ou d’huiles essentielles, demandez conseil à un professionnel de santé.
Sources principales
- Agence européenne des médicaments (EMA) — Salvia officinalis L., folium and Salvia officinalis L., aetheroleum, rapport d’évaluation.
- Agence européenne des médicaments (EMA) — recommandations concernant les préparations végétales contenant de la thuyone.
- Revue scientifique consacrée à la composition et aux activités biologiques de Salvia officinalis.
- Étude sur les variations des composés phénoliques et de l’acide rosmarinique dans différentes populations de sauge.
- Données récentes sur les constituants phénoliques des espèces du genre Salvia.
- Wikipédia