Les régularités
Toujours une place pour moi
Depuis le départ de mon fils, la vie a bien évidemment changé.
On apprend à lire ce que l’on ne voit pas, à analyser des situations auxquelles on ne prêtait pas attention auparavant.
Au fil du temps, j’ai commencé à ressentir certains éléments récurrents, qui reviennent de manière étonnamment régulière, presque systématique.
Deux choses en particulier ont retenu mon attention.
Le chiffre 8
Le chiffre 8 me suit partout.
Je regarde l’heure et, très souvent, elle se termine par un 8. Pas une fois de temps en temps, mais parfois jusqu’à dix fois dans une même journée. Et cela dure depuis des mois et des mois.
Au départ, je n’y prêtais pas vraiment attention. Puis j’ai commencé à le remarquer et à constater sa répétition.
Lorsque j’ai créé mon association, le numéro s’est terminé par 888.
Lorsque j’ai ouvert un compte, le numéro s’est terminé par 988.
Tout cela a commencé très rapidement après son départ. Pourtant, je n’ai véritablement pris conscience de cette répétition que plusieurs mois plus tard, lorsque j’ai commencé à regarder ces répétitions comme faisant partie de ma vie désormais. Le 8 fait partie de mon quotidien.
Toujours une place pour moi
Il y a autre chose qui me surprend : les places de parking.
À chaque fois que je me déplace, j’ai souvent le sentiment que je vais trouver une place disponible à proximité de l’endroit où je dois me rendre.
Même lorsqu’il y a beaucoup de monde, une place finit par être là.
C’est également quelque chose que j’ai commencé à constater assez rapidement après le départ de Greg, comme si, d’une certaine manière, il m’aidait à ne pas avoir à me préoccuper de cela.
Et ceux qui me connaissent savent que je suis souvent un peu… borderline quand il s’agit de gérer mon temps !
Il y a d’ailleurs une situation récente qui m’a vraiment fait rire.
Je pars pour un rendez-vous médical dans une clinique où il est très difficile de trouver une place de stationnement aux alentours.
Je sais que je vais être en retard et je me dis :
« Là, je suis mal… Il faut que je fasse un créneau ! »
Une place se libère.
Je m’apprête à commencer la manœuvre quand, au même moment, le conducteur de la voiture garée juste à côté arrive à son véhicule et repart.
Résultat : deux places libres côte à côte.
Pas de créneau.
Pas de stress.
Pas de retard.
J’ai simplement éclaté de rire.
Trop fort quand même !
Je ne sais pas comment expliquer ces répétitions. Je sais simplement qu’elles sont devenues suffisamment fréquentes pour que je les remarque, que je les attende parfois et qu’elles fassent désormais partie de mon quotidien.
Et, pour moi, elles sont intimement liées à cette nouvelle façon de regarder la vie depuis le départ de mon fils.